Rite funeraire pres du ciel

Differentes cultures, differentes spiritualites, et differents rapports avec la mort. Traverser des contrees peuplees par des Hindous, des Bouddhistes ou des Musulmans nous offre la possibilite de decouvrir le quotidien de ces peuples, et de connaitre leurs us et coutumes de plus pres. Une coutume ancestrale et originale – tout au plus de notre point de vue impregne par la culture chretienne - est le ritual funeraire pratique par certaines ecoles tibetaines. Nous avons eu le privilege d’assister a une etape cle de ce rituel, et ci-dessous nous partageons avec vous ces moments forts.

Mais afin de bien comprendre ce qui suit, il nous semble indispensable de brievement expliquer quelques notions cles qui habitent chaque bouddhiste tibetain.

 

Le tianzang, litteralement traduit par “enterrement au ciel” est une tradition funeraire tres ancienne qui permet aux bouddistes tibetains de remplir tant des fonctions pratiques que spirituelles. Les Tibetains voient le corps comme une vehicule pour l’esprit. Un vehicule temporaire, puisque l’esprit voyage d’un corps a un autre au cours de ses differents cycles de reincarnation. Si bien qu’a la mort, l’esprit quitte le corps qu’il habitait (des ceremonies aidant et assurant a l’esprit un bon voyage et une bonne reincarnation). Des lors, le corps n’a plus d’usage, et c’est pourquoi il est donne a manger aux… vautours. Ces oiseaux etant, dans les croyances tibetaines, une manifestation du dieu Dakini, le dieu mangeur de viande.

Donner a manger le corps du defunt aux vautours est une facon de poursuivre le cycle de la vie, de faire acte de generosite et de permettre au corps de s’elever vers les cieux. Ce rituel a egalement des aspects pratiques dans des lieux ou le sol est tres fin, les hivers si longs et si secs que la degradation d un corps prendrait un temps incroyable. Il faut preciser que le tianzang ne se pratique que sur les personnes mortes de vieillesse, et la ceremonie se passe en l'absence de la famille proche.

Le tomden est le maitre de ceremonie qui dirige le rituel. Vetu de blanc et portant a chaque main un couteau ou une hache, il attache le corps a un poteau, puis fait de profondes incisions dans le corps avec son couteau. Les vautours (environ septante dans notre cas) viennent ensuite mager le corps. Lorsqu'il ne reste que les os, le tomden broie ceux-ci avec sa hache et les mélange a de la farine. Les vautours viennent ensuite manger le reste.

Nous avons mis du temps a nous decide si nous voulions assister a une telle ceremonie, qui releve de la sphere tres privee d'une famille. Finalement, nous avons decide de nous y rendre, et, dans le cas ou nous ne nous sentirions pas a notre place, de partir aussitot. Il se trouve que cette ceremonie n'a rien de triste ni de solannel. Les moines et les temoins presents discutaient, telephonaient... nous sentions que nous ne derangions point (au contraire).

Assister a un tianzang est une experience tres forte. Une experience qui nous questionne sur la notion de vie et de mort, et qui offre un immense enrichissement personnel.

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :