Nouvelle-Zélande, part#3
Les Volcans du Nord
Dernière partie de nos cinq semaines chez les kiwis. La route nous emmène maintenant le long de la "Taupo Volcanic Zone", une région volcanique relativement active (à l'échelle géologique en tout cas), située sur le "ring of fire" - comprenant aussi les volcans du Japon et d'Indonesie, entre autre. Nous commencons par le Tongariro National Parc, rendu récemment célèbre par le tournage des scènes du Mordor de la trilogie du Seigneur des anneaux. Nous avons prévu depuis longtemps (réservations obligatoires pour ce trek) trois jours de marche autour du mont Ngauruhoe (alias Mt Doom, pour les amateurs). A nouveau, nous nous adaptons au style neo-zélandais, c'est-à-dire avec toute notre nourriture et nos ustensiles de cuisine sur le dos (= sac méchamment lourd). Et toujours suivant le plus pur style local: sous la pluie. L'été semble en effet toujours se faire attendre dans l'île du Nord... Nous partons donc sous une légère pluie, qui se transforme rapidement en une interminable averse. Tout autant interminable sera du coup le chemin menant à la première cabane, qui n'en fini pas de serpenter le versant d'une montagne balayée par les vents. Au passage, nous ne manquerons quand même pas de jeter un coup d'oeil au Red Crater tout fumant et aux Emeralde Lakes qui, comme leur nom l'indique, proposent une couleur d'un vert incroyable. La région est dénudée de toutes formes de végétation, offrant par là un paysage de désolation. Le ciel si bas, prêt à nous tomber dessus, rappelle le photos ramenées de Mars ou d'autres planètes lointaines. Le deuxième jour sera un peu plus clément, le ciel nous laissant atteindre la cabane avant de se déverser de tout son surplu d'humidité durant la majeure partie de l'après-midi. Quant au dernier jour, si tout démarre bien, c'est trempés de la tête aux pieds que nous atteignons finalement le village de Whakapapa, point final du trek. Ca, c'est fait. Le temps de sécher un peu, et après on appréciera quand même les paysages grandioses que l'on a vu.
Le Tongariro derrière nous (et son sommet que nous ne verrons donc qu'en carte postale...), nous poursuivons vers la région entre Taupo et Rotorua. Ici, les volcans ne sont plus des cônes parfaits, mais, plus subtils - et plus méchants, l'activité géothermique sort directement du sol. Ca fume de partout, c'est incroyable. Il y a tant de sources d'eau chaude qu'elles ne sont de loin pas toutes utilisées. Ici une usine géothermique, là un centre thermique, et quelques sites a visiter. Nous en choisirons deux. D'abord Wai-o-Tapu ("eaux sacrées" en Maori), ou nous pouvons voir des lacs tantôt verts, jaunes ou bleus, des mares de boue en ébullition, des fumeroles de gaz de soufre, des jets de vapeurs, des roches de toutes les couleurs... la terre dans ses degradés les plus bruts. Se balader dans ce petit monde submergé par une odeur tenace d'oeuf pourri nous transporte quelques milliards d'années plus tôt, lorsque la Terre n'était encore qu'une jeune planète, ou seules quelques algues et bactéries comptaient pour toutes traces de vie.
Juste quelques kilomètres plus à l'est, la vallée volcanique de Waimangu ne souffre pas de la comparaison avec Wai-o-Tapu. La petite vallée est née en 1886, lorsque le Mont Tarawaki entra dans une fulgurante éruption, rasant toute la végétation locale et modifiant significativement le paysage local. Aujourd'hui encore, l'activité géothermique est ici des plus intense. La forêt a déjà fait son retour, partageant la beauté des lieux avec les multiples spots geothermiques visibles alors que nous descendons a pied la vallée. Rivières d'eau chaude, geysers, l'Inferno Crater Lake et son eau à 80C, le Frying Pan lake (plus grande hot spring du monde paraît-il)... vraiment un endroit magique, étonnamment oublié des touristes.
A un jet de roche volcanique, la ville de Rotorua et ses quelques septante mille habitants semblent attendre calmement la prochaine éruption en trempant dans les multiples hot pools de la ville. Chaque maison a sa piscine chauffée à l'année, et notre camping n'échappe pas à la règle. Au bord du lac, il suffit de creuser quelques vingt centimètres dans le sable pour voir l'eau s'inflitrer et immédiatement chauffer. Sur les photos, il faut juste imaginer l'odeur soufrée pour vous immerger dans ce monde de vapeur. Même si pour le psyché maori, principalement suivant des principes animistes, toutes ces activités géothermiques ont une grande signification, on s'en demande s'il falait vraiment s'installer ici... Enfin, le temps de notre paysage, rien n'a bougé.
Et nous gardons le meilleur pour la fin. Le dernier spot volcanique que nous visiterons se trouve à quelques cinquante kilomètres de la côte, au large de la petite bourgade de Whakatane. White Island/Wakahaari consiste en la partie emergée d'un volcan actif de près de deux mille mètres de haut. Très jeune (dernière éruption en 2000) et donc encore très actif, l'île ne se visite qu'avec un guide (forte intéressante d'ailleurs) et paré d'un casque de chantier jaune des plus élégants et son masque a gaz. Ces derniers ne sont pas juste pour la photo, l'air soufré est terriblement irritant. Encore bien plus dramatique que les paysages du Tongariro, les mots manquent donc pour décrire l'athmosphère dans lequel nous nous touvons. La colonne de vapeur d'eau sortant du lac du cratère nous rapelle qu'on est tout petits face à de tels éléments. L'excursion valait définitivement le détour, surtout qu'en plus quelques dauphins curieux se sont joints l'espace d'un instant à notre croisière.
Katikati et la peninsule du Coromandel
En route vers le nord, nous passons par Katikati et la ferme de Heather et Dennis. Via Stephanie (une cousine à Fabien) et Yvan qui sont passés par là voici trois ans et fait leur connaissance, nous avons été cordialement invités à les rencontrer (question hospitalité et sympathie, rien à redire sur les kiwis - partout l'acceuil fut cordial et souriant, même dans les lieux les plus touristiques). L'occasion aussi pour nous de découvrir l'agriculture locale. Et en bonus, nous sommes dans cette région au coeur de la production de kiwis (les fruits, donc) du pays (ceux que l'on mange chez nous en hiver). Donc région d'intérêt pour Séverine. Heather était malheureusement en vacances, mais Dennis nous acceuille chaleureusement et nous fait visiter son exploitation: deux cents vaches, des plantations de kiwis, aucune subvention et malgré tout un niveau de vie très acceptable. Ca risque de faire rêver quelques agriculteurs de chez nous... Bon, soyons honnêtes: la qualité n'est pas aussi bonne que chez nous (en tout cas pour les produits laitiers, car les fruits, eux, sont vraiment excellents, mention spéciale pour les abricots), les contraintes bien moindres, et la gestion du territoire moins complexe qu'en Suisse (ici, ce n'est pas la place qui manque).
La fin du séjour sera plus calme. Le temps est maussade, alors nous profiterons juste des quelques éclaircies pour visiter les principaux sites de la péninsule du Coromandel (dont la célèbre marche menant à Cathedral Cove pour ceux qui connaissent) et rouler dans les forets primaires riches en fougères. Avec la pluie, on se dit que la We(s)t Coast de l'île du Sud n'est pas si loin...
Finalement, nous voici à Auckland. Près d'un tier des kiwis vivent ici, dans le poumon économique de Nouvelle-Zélande. La ville s'étant développée au court du vingtième siècle, il n'y a guère de bâtiments historiques à visiter. Ville propre et stérile, propice au travail... et c'est à peu près tout. Quelques collines parsèment la ville, anciens petits volcans offrant de belles vue sur le quartier des affaires et les infinies banlieues.
Et pour illustrer le texte, l'album photo se trouve ICI
L'Océanie étant derrière nous, la suite du programme passe par un vol pour Bangkok et cinq semaines en Asie du Sud-Est.