Lundi 17 août 2009

Apres la Chine, nous voici au Kirghisistan, jeune pays sorti des cendres de l’Union Sovietique, coince au coeur des Monts Celestes. Ne beneficiant pas des richesses petrolieres et gazieres comme ses voisins Kazakhs, Ouzbeks ou Turkmenes, le Kirghisistan doit trouver ailleurs des moyens pour se developper. Et le tourisme pourrait bien etre la cle du succes, tant le pays a a offrir!

 

Un sud Ouzbek

 

De Kasghar, en Chine, nous entrons au Kirghisistan via le col de l’Irkhestam, tout au sud du pays. Nous continuons en direction de Osh, deuxieme plus grande ville du Kirghisistan, aux allures de petite bourgade. Osh fait  geographiquement et culturellement partie de la vallee de la Fergana, creusee par le fleuve Syr-Daria qui s’ecoule le long de l’Ouzbekistan. Seul une aberration faite lors du remaniement des frontieres sous Staline a inclu Osh dans  le Kirghisistan. Si bien qu’aujourd’hui cette region du pays est peuplee majoritairement d’Ouzbeks, et donc l’ambiance a Osh est tres orientale, avec un petit air istanboulote qui flotte au bazaar. Boire un the dans une chaikana (imaginez une table basse avec un bol de the et des nans chauds (pains), des coussins, a l’ombre d’un arbre) est ideal pour se reposer. La journee est rythmee par les appels a la priere. Les hommes portent le petit chapeau traditionnel et discutent en buvant du the; les femmes portent le foulard (un peu negligemment quand meme… l’Islam n’est pas – encore – tres radicalise ici).

Mais la chaleur torride et les montagnes non loin de la ville nous poussent a partir direction d'Arslanbob et la plus grande foret de noix du monde (la legende raconte qu’Alexandre le Grand aurait amene les noix en Europe après son passage ici). Nous decouvrons l’hospitalite ouzbek dans une famille chez qui nous dormons, avec sourires et accueil chaleureux toujours au rendez-vous. Nous decouvrons les montagnes aux alentours en deux jours de marche. Les paysages nous font un peu penser aux Alpes du Sud. Dans le genre economies mal placees, nous decidons de porter toute nos affaires et de ne pas prendre de porteur… dur dur! Surtout que la tente qu’il nous ont trouve fait plus de quatre kilos. Et il fait toujours tres chaud.

 

Un nord sovietique

 

Bishkek est la capitale du pays. Ville batie sous l’URRS - l’architecture sovietique et l’organisation des rue “a la Chaud-de-Fond” en est typique – Bishkek attire tous les jeunes du Kirghisistan pour le travail ou les etudes. Il en resulte une ambiance fraiche, tres festive. La vodka et la biere coulent a flot, les bars, casinos, et autres cabarets sont a tous les coins de rue… sexe, alcool, argent: pas tres sain comme vie...  Notre passage a Bishkek est du a notre besoin d’un visa pour le Kazakhstan. Et c’est ainsi l’occasion pour nous de decouvrir la bureaucratie des republiques sovietiques (et franchement, on s’en serait bien passé!). Finalement, notre visa en poche, nous pouvons quitter la ville pour decouvrir un Kirghisistan plus pittoresque et authentique.

Un  centre… equestre

 

De vertes collines ondulant a plus de trois milles metres d’altitude, des lacs, des yourtes, des chevaux, des moutons… le Kirghisistan en carte postale. C’est la region du lac de Song-Kol, au centre du pays, royaume des cavaliers et des nomades. Nous decidons de decouvrir cette region a cheval et de dormir de yourtes en yourtes. La splendeur des paysages nous fait oublier les maux de dos, de genoux, de fesses (quoique finalement pas aussi terribles qu’attendus) procures par de nombreuses heures assis sur notre selle. Les orages sporadiques nettoient le ciel et revelent des decors infinis aux couleurs tres contrastees. Et l’acceuil par les familles de nomades, la decouverte de la vie dans les yourtes rendent le trek encore plus beau. Ici la vie est dure, surtout pour la femme et les filles qui bossent du matin au soir. Nous avons l’impression que l’homme se sort tres bien de la repartition des taches… L’occasion aussi pour nous de gouter a la boisson nationale, le Kymiss (lait de jument fermente). Pour rester polis, nous nous contenterons de dire que nous n’avons pas tellement apprecie le gout… si particulier. Et si le cheval est roi dans le bol, c’est le mouton qui reigne dans l’assiette. Et nous avons droit plus souvent a du vieux bouc qu’a un jeune agneau...

 

Un ouest alpin

 

Au coeur des Monts Celestes se trouve le lac d’Issyk-Kol, si grand, si bleu. Borde de plages de sable sauvages et de petites stations balneaires qui attirent les touristes Russes et Kazakhs, c’est pour nous l’endroit ideal pour une petite pose et des baignades recuperatrices. Et c’est aussi l’occasion d’assister a une chasse a l’aigle par Tumura et son maitre Ishenbek (sans oublier le role cle, mais triste, du pauvre petit lapin). La tradition de la chasse a l’aigle existe depuis la nuit des temps dans l’Altai mongolien et les Tian Shan Kazakh et Kirghize. Aujourd’hui, dans les ex-republiques sovietiques, cette tradition vit surtout a travers le tourisme et les festivals nationaux.

Pour le dernier trekking de notre voyage, nous nous rendons a Karakol, petite bourgade proche des montagnes. Karakol possede, comme nous l'avons deja vu a Kashgar, son marche aux bestiaux tous les dimanches matins. Moutons, chevres, vaches et chevaux se marchandent dans une poussiere et un brouhaha incessant, et, une fois l'achat conclu, les betes suivent leurs nouveaux proprietaires. Si les vaches et les chevaux partent en remorques ou a pied, les chevres et les moutons trouvent place dans les coffres des voitures. Quel folklore! Jouxtant le marche aux bestiaux se trouve le marche aux voitures, ou des Mercedes, Audi et BMW venant droit d'Europe cherchent acheteurs. Il y a egalement quelques (tres) vieilles Lada (dont une de 1975!) qui malgre leur age roulent encore.

Le lendemain, nous partons en trekking avec Bob le russe, un porteur qui se revelera etre un excellent guide, et Aselena, notre cuisiniere (he oui, pour la premiere fois nous partons en trek avec une femme). De la vallee de Jeti-Oghuz (literalement, les sept pierres) nous rejoignons les sources thermales d'Altyn Arashan en six jours. Les cols sont raides et parsemes de neves, les glaciers surplombent de beaux lacs  turquoises, les flancs de montagnes sont couverts de coniferes et les montagnes ont leurs sommets enneiges. Alors si cela ressemble tant a nos Alpes, pourquoi aller la-bas? Imaginez des Alpes sans stations de skis, sans cabanes, sans routes, sans barrages, sans lignes electriques... bref, la nature et rien d'autre (sauf quelques yourtes, mais ca c'est cool). Et comme chez nous, le temps n'est pas toujours tres beau (pour avoir tant de vegetation, il faut bien qu'il pleuve). Heureusement, Bob le Russe sent suffisement bien la pluie et decide toujours au bon moment de planter le camp pour que l'on passe l'orage au sec! Et apres toute la fatigue accumulee, nous atteignons Altyn Arashan et profitons de ses sources d'eau chaude pour recuperer.


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